La construction de l’Europe ; cinquante années d’histoire
(Publié le
04/03/2007)
Depuis le traité de Rome de 1957, la Communauté européenne a su se développer et se rapprocher de la volonté originelle de paix et d’union politique, économique et sociale des pères fondateurs de l’Europe. Cette construction européenne s’étale sur ces cinquante dernières années, alternant les périodes fastes de la construction avec les périodes de crise.
- Premières mesures économiques et premières tentatives de réformes La CEE ne perd pas de temps pour prendre ses premières mesures. Elle lance le Fonds social européen (FSE) qui aide les travailleurs à se former et à se reconvertir puis établit sa Politique agricole commune (PAC) en 1962 après quatre années de gestation. Le projet repose sur la préférence communautaire, la solidarité financière et l’unicité des marchés. Puis le 1er juillet 1968, l’entrée en vigueur de l’Union douanière un an et demi avant la date prévue, démontre le succès fulgurant du marché commun. Au niveau institutionnel, on remarque en 1965 la signature d’un traité qui fusionne les pouvoirs exécutifs de la CECA, la CEE et Euratom en une seule Commission des Communautés européennes, capable d’agir de façon transversale. Mais la même année, l’Europe connaît sa « crise de la chaise vide », due au général de Gaulle qui était opposé à une réforme prévoyant le vote à majorité qualifiée, c’est-à-dire la pondération du vote de chaque membre par une valeur fixe en fonction du nombre d’habitants. Le « compromis de Luxembourg » y met fin en janvier 1966, il rétablit la règle de l’unanimité dans les domaines régis par la majorité qualifiée si un Etat estime que ses intérêts vitaux sont menacés. Au cours des années 1970, les difficultés s’accumulent, au niveau monétaire notamment (aggravées par les chocs pétroliers). De son coté, la PAC cause un déséquilibre grave dans les politiques communes. Certains Etats dont le Royaume-Uni, réclament la diminution de son coût, payant plus que ne recevant d’argent du budget européen. « What we are asking is for a very large amount of our own money back» (Discours de Margaret Thatcher en 1979 à propos de la PAC : « ce que nous demandons, c’est qu’on nous rende une bonne partie de notre argent ») Cette crise ne prendra fin qu’en 1984 grâce aux accords de Fontainebleau qui réduit le coût de la PAC et augmentent les ressources des Communautés. Au-delà de ces difficultés, l’Europe crée le Système monétaire européen (SME), afin de réduire les fluctuations monétaires entre les Etats membres et organise en juin 1979 les premières élections du Parlement européen au suffrage universel.
- Vers l’Acte unique européen (AUE) Elargie à dix membres, l’Europe semble retrouver un nouvel essor et de nouveaux projets pour resserrer les liens de l’Europe font leur apparition. En 1985, un Livre Blanc présenté par Jacques Delors vient achever le projet de Grand Marché Intérieur. Il propose 310 mesures pour faire disparaître les dernières barrières aux échanges et se fixe l’horizon de 1992 pour remplir ses objectifs. Au même moment sont signés les accords de Schengen entre la France, l’Allemagne et le Benelux. Les cinq pays s’engagent à supprimer les contrôles de marchandises aux frontières des pays membres. Puis la signature de l’Acte unique européen en février 1986, entré en vigueur le 1er juillet 1987, revient sur le traité de Rome et modifie ses institutions. Le vote à la majorité qualifiée s’impose au Conseil européen, le Parlement voit son rôle renforcé et les bases sont jetées pour une coopération en matière de politique étrangère.
- Le traité de Maastricht : naissance de l’Union européenne et de la monnaie unique Ce traité, adopté à l’issue de conférences intergouvernementales entre 1991 et 1992, est signé le 7 février 1992. Il faut par contre patienter jusqu’au 1er novembre 1993 pour son entrée en vigueur. Les ratifications des Etats membres se font attendre, avec parfois des refus de la population et l’obligation de réorganiser un référendum, comme ce fut le cas au Danemark. Ce traité sur l’Union européenne prévoit une Union politique, avec la création d’une citoyenneté européenne, d’une Politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et d’une coopération en matière d’affaires intérieures et de justice (JAI) et une Union économique et monétaire (UEM) qui doit aboutir à la mise en place d’une monnaie unique. Sont ainsi fondés les trois « piliers » de l’Europe avec un pilier communautaire englobant la CECA, la CEE, devenue Communauté européenne et Euratom (CEEA) et deux piliers intergouvernementaux, composés de la PESC et la JAI. Les compétences de l’Union sont nettement élargies. La reconnaissance de la citoyenneté européenne offre aux Européens une liberté de circulation et de résidence dans l’Union européenne. L’UE intervient également au niveau de l’éducation, des transports, de la santé et elle met en place une politique sociale. Le traité instaure le principe de subsidiarité : la Communauté ne peut légiférer sur certains sujets que si elle est capable de démontrer la supériorité de son intervention par rapport à celles des Etats pris isolément. Quant à l’UEM, une réunion du Conseil européen en mai 1998 ouvre la troisième phase de son programme avec la création d’une monnaie unique le 1er janvier 1999 pour onze des pays membres : Allemagne, France, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Espagne, Portugal, Irlande, Autriche, Italie et Finlande. La Grèce les rejoint en 2001. Il faut attendre 2002 pour que l’euro remplace définitivement les monnaies nationales.
- Le traité d’Amsterdam En 1996 commence une nouvelle conférence intergouvernementale visant à améliorer le fonctionnement de l’Union. Des discussions mouvementées opposent les dirigeants européens mais ils finissent par trouver un accord et signent le traité d’Amsterdam le 2 octobre 1997. Il prévoit notamment de modifier les institutions afin de faciliter l’entrée prochaine des dix nouveaux membres. Le poids du Parlement est renforcé et le vote à la majorité qualifiée est étendu, il y a une communautarisation partielle du troisième pilier de l’Union (JAI) et la PESC est mieux représentée. Mais l’attention se porte en grande partie sur les citoyens européens : les dernières entraves à la circulation sont supprimées, une politique de l’emploi est créée et l’importance des droits de l’homme est à nouveau soulignée. Toutefois, la tentative de réforme des institutions n’a finalement pas pu aboutir et les conditions pour accueillir les nouveaux pays adhérents ne sont pas des plus favorables.
- Le traité de Nice Dès l’année 2000, les Etats membres de l’Union organisent une nouvelle conférence intergouvernementale afin de véritablement réformer les institutions dans l’optique d’une prochaine Europe à vingt-cinq. Signé le 7 février 2001, il n’est ratifié par tous les Etats membres qu’en 2003, suite à la victoire du « non » lors du référendum en Irlande (il faut attendre octobre 2002 pour qu’un nouveau référendum soit organisé et voit le « oui » l’emporter). Des accords sont trouvés sur une repondération des voix au Conseil européen, une réduction du nombre de commissaires prévue pour l’élargissement et une hausse du nombre de sièges au Parlement. L’Europe de la défense se voit renforcée, tout comme la capacité de l’Union Européenne à intervenir dans les crises hors des frontières de l’Europe. Malgré cela ce traité semble ne satisfaire personne et de nouvelles discussions sont d’ors et déjà prévues en vue de l’élaboration d’un nouveau traité. Mais la conférence de Nice est également l’occasion d’adopter la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Cette charte, en projet depuis plusieurs années est entérinée à Nice sans toutefois être incorporée dans le traité. Elle réaffirme clairement les droits fondamentaux fondateurs de la construction européenne. « L’Union se fonde sur les valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d'égalité et de solidarité; elle repose sur le principe de la démocratie et le principe de l'Etat de droit. Elle place la personne au coeur de son action en instituant la citoyenneté de l'Union et en créant le principe de liberté, de sécurité et de justice » (Extrait du préambule de la Charte)
- Le projet de traité constitutionnel Porté par cette volonté de réformer en profondeur le système institutionnel de l’Europe, le Conseil européen convoque une assemblée générale particulière. Cette Convention, ouverte le 28 février 2002 et présidée par Valéry Giscard d’Estaing, réunit de nombreux députés européens et nationaux, des représentants de l’UE et de la société civile. Cette réunion a pour but d’élaborer un projet de Traité constitutionnel. Elle remet en juillet 2003 projet au Conseil européen. Une conférence démarre dès le mois d’octobre mais il faut attendre octobre 2004 pour que le texte final soit signé à Rome. Ce traité doit instituer à terme une véritable constitution pour l’Europe. Il intègre pour la première fois la Charte des droits fondamentaux et permet d’invoquer en justice les droits qu’elle contient. Il renforce la démocratie dans l’Union Européenne en augmentant les pouvoirs du Parlement européen et des parlements nationaux et en offrant la possibilité d’initiatives populaires. Le traité prévoit aussi de nombreuses modifications institutionnelles qui permettront de stabiliser les organes de l’Union, dont la mise en œuvre d’une personnalité juridique pour l’UE toute entière, ce qui supprimerait les trois piliers et ferait basculer l’UE d’une logique de coopération à une logique d’intégration. Enfin, un poste de ministre européen des affaires étrangères est prévu par ce texte. Il ne reste plus que la phase de ratification du traité pour chacun des Etats membres. De fin 2004 à la mi-2005, quatorze Etats ont ratifié ce traité. Mais la victoire du « non » aux référendums français et néerlandais au printemps 2005 stoppe brutalement cette phase. Après une période de flottement, le Conseil européen décide de laisser ouverte la phase de ratification et deux pays de plus ratifient le texte. En janvier 2007, lors de l’accession allemande à la Présidence du Conseil de l’Union européenne Angela Merkel, la chancelière allemande, souhaite relancer le projet de Traité constitutionnel. Elle prévoit ainsi un programme commun d’une durée de dix-huit mois s’étalant sur trois présidences de l’UE (allemande, portugaise et slovène).
Quelle Union européenne aujourd’hui ?
« Nous unifions des peuples, pas des États » (Jean Monnet) L’Union européenne avait à l’origine pour but d’offrir aux pays membres un marché économique commun. Mais le rêve européen des pères fondateurs dépassait largement le simple cadre économique. Leur objectif final était la mise en place d’une union politique mais également d’une union entre les peuples. Il s’agissait bien d’unir les populations, de les rendre solidaires, au-delà des antagonismes nationaux et des disparités géographiques. Le champ d’action de l’Union s’élargit au fur et à mesure pour s’intéresser de plus en plus à la vie des Européens. L’Europe promeut notamment la liberté des circulations des personnes, elle s’intéresse à la culture en Europe et se bat pour la promotion de la démocratie, de la solidarité et pour la défense des droits de l’homme. Des enjeux activement défendus au niveau local par la MIR et les associations européennes de Rennes. L’année 2007, qui fête le cinquantenaire de la signature du traité de Rome, est donc l’occasion de célébrer ces différents thèmes, devenus des enjeux majeurs pour la vie en Europe. Ces célébrations offrent l’occasion de faire un état des lieux de la promotion de ces trois valeurs à l’échelle européenne mais également à l’échelon local à travers le travail des associations rennaises. Ainsi à Rennes, de nombreuses associations agissent pour promouvoir l’Union européenne et ses valeurs dont: Sauvons l’Europe, Europe Rennes 35, le Mouvement européen 35 et la Maison de l’Europe. Se déplacer à travers l’Union européenne
- La libre circulation « Tout citoyen de l’Union a le droit de circuler et de séjourner librement sur le territoire des États membres » (Article 18TCE) La possibilité de se déplacer librement en Europe faisait partie intégrante du projet de marché intérieur dans le traité de Rome. Mais cette liberté devait à l’origine s’effectuer dans le cadre du marché économique commun, elle concernait donc dans un premier temps uniquement les travailleurs des Etats membres. La population doit toujours être contrôlée pour passer d’un Etat membre à un autre. Puis grâce à la signature des accords de Schengen en 1985, plusieurs pays européens décident d’ouvrir leur frontière à la libre circulation des ressortissants des Etats signataires. Ces premiers accords entre la France, l’Allemagne et le Benelux, permettent de supprimer les contrôles fixes aux frontières intérieures. Cet espace s’élargit en 1995 et 1996 à l’Espagne, au Portugal, à la Grèce, à l’Italie, au Danemark, à la Finlande, à la Suède puis à la Norvège et à l’Islande, pour compter quinze membres aujourd’hui. Les accords de Schengen sont finalement intégrés au traité d’Amsterdam. Parallèlement en 1992, le traité de Maastricht prévoit d’étendre le principe de libre circulation à toute la population, travailleurs comme inactifs. Les citoyens européens ont dès lors la possibilité de se déplacer dans tous les pays de l’Union avec les membres de leurs familles, qu’ils soient ressortissants européens ou non. Il en est de même pour le droit de résidence qui leur a été largement ouvert. Cependant, des changements apparaissent avec l’élargissement de l’Europe aux dix nouveaux Etats. A l’exception de Chypre et Malte, ces pays sont soumis à une période transitoire durant laquelle leurs travailleurs ne bénéficient pas de la libre circulation dans les anciens Etats membres. Mais l’Irlande, le Royaume-Uni et la Suède ont décidé dès le 1er mai 2004 d’ouvrir leur marché du travail aux nouveaux membres de l’Union.
- La promotion de la mobilité dans l’Union européenne Pour compléter ce corpus de textes qui légifère sur la libre circulation, l’Union européenne n’hésite pas à créer des programmes destinés à promouvoir et à soutenir la mobilité en Europe, notamment par le biais de l’éducation et de la formation professionnelle. La plus grande réussite de la Communauté dans ce domaine s’avère être sans aucun doute le programme ERASMUS, crée en 1987. L’Europe fête ainsi cette année les vingt ans d’existence et de succès de ce projet, dans le cadre plus général de la célébration du cinquantenaire de l’Europe. Ce programme est basé sur un système simple : l’échange d’étudiants entre différents établissements européens d’enseignement supérieur. Depuis la création d’ERASMUS, plus d’un million d’étudiants sont partis étudier à l’étranger dans ce cadre. D’autres programmes ont été prévus pour encadrer le processus d’éducation et de tout au long de la vie : COMENIUS pour l’enseignement scolaire ; LEONARDO DA VINCI qui offre une bourse aux personnes en formation professionnelle pour effectuer un stage dans autre Etat membre ; GRUNDTVIG pour l’éducation des adultes. Le système LMD a également facilité la mobilité des étudiants et chercheurs en harmonisant la reconnaissance des diplômes à l’échelle européenne. Dans cette optique de promotion de la mobilité, la Commission européenne a organisé en 2006 l’Année européenne de la mobilité des travailleurs. Tout au long de l’année, les citoyens européens ont été sensibilisés sur les possibilités de travailler dans un autre Etat membre à travers des évènements de toutes formes et ce, dans toute l’Union européenne.
- A Rennes : des actions en faveur de la mobilité en Europe A Rennes, la MIR offre son soutien aux comités et associations de jumelage. Sept villes européennes sont ainsi jumelées avec Rennes (Cork, Exeter, Brno, Erlangen, Louvain, Poznan, Sibiu) et chaque comité tend à développer les échanges de toutes sortes avec la ville européenne. Ils offrent bon nombre d’informations pour qui souhaiterait voyager en Europe. Ils peuvent également accueillir à Rennes des habitants des villes européennes jumelées et les orienter pour leur éventuelle intégration en France. L’accueil d’étudiants européens est développé grâce à l’Europôle de Rennes. Appartenant au réseau de pôles universitaires de France, Europôle accueille les étudiants ERASMUS mais également les enseignants et chercheurs étrangers. Une rencontre avec les chercheurs européens qui ont choisis de s’installer en France est par exemple organisée en février 2007. L’Europôle donne d’autre part des cours de linguistique pour les Rennais qui souhaitent partir à l’étranger. La MIR intervient elle aussi sur le thème des migrations et des déplacements en Europe. Elle met notamment à disposition des étrangers présents à Rennes un livret des compétences associatives oeuvrant pour ces derniers. Elle organise les 16 et 17 mars 2007 une manifestation « Migrations », sur l’accès des postes à responsabilité pour les étrangers en France. Si ces actions ont avant tout une vocation internationale, elle se retrouve bien entendu à l’échelle européenne.
La culture dans l’Union européenne
- Vers une culture européenne ? Pendant de longues décennies, la culture ne faisait pas partie des préoccupations de l’Europe. Ce n’est que peu à peu à partir des années 1970-1980 que l’Union commence à s’intéresser à la culture en Europe par le biais de la télévision et de la radio. Puis en 1985, le Conseil européen met en place sur l’initiative de Melina Mercouri, ministre grec de la culture, les Capitales européennes de la culture. Ce projet consiste à désigner chaque année une ou deux capitales de la culture en Europe afin de promouvoir les valeurs, les richesses et la diversité des cultures européennes. Il pousse aussi les Européens à se rencontrer et mieux se connaître les uns les autres. Ces objectifs ont ensuite été intégrés au traité de Maastricht (favoriser « l’Union sans cesse plus étroite entre les peuples ») qui reconnaît pour la première fois la dimension culturelle dans le processus d’intégration européenne. Le « modèle culturel européen » se situe là, entre le respect de l’expression culturelle de chaque peuple et les échanges, et les coopérations qui nourrissent et enrichissent chaque culture. Plusieurs programmes de soutien à la coopération culturelle sont alors envisagés. Le programme Culture 2000 est ainsi mis en place pour une période de cinq ans (2000-2005), puis prolongé jusqu’à fin 2006. Il reprend les objectifs énoncés dans le traité de Maastricht et fixe chaque année un domaine prioritaire. Il est remplacé à partir de 2007 par le programme Culture 2007, prévu jusqu’en 2013. L’anniversaire du traité de Rome offre l’opportunité de multiplier les manifestations culturelles à travers l’Union européenne : expositions, concerts, théâtre, films, tous les supports sont bons pour fêter l’Europe. Ainsi, le festival Europalia en Belgique sera axé sur la diversité culturelle européenne et sur la présentation de jeunes artistes de l’Union ; Jazz in Europe now verra des jazzmen des vingt-sept pays membres envahir la ville de Bruxelles, etc. Cette tendance à privilégier la culture en Europe semble se confirmer, notamment grâce à l’élaboration future d’une Charte pour l’Europe de la culture.
- La promotion de la culture européenne à Rennes Pour promouvoir la culture européenne dans la ville de Rennes, la MIR se dote d’un certain nombre de moyens. Chaque année, en mai, elle coordonne les Journées de l’Europe à Rennes. Ces deux semaines sont axées autour de la culture européenne dans toute sa diversité. De jeunes artistes européens se produisent dans les locaux de la Maison International et dans la ville de Rennes: expositions, spectacles de danse, concerts… ces journées sont l’occasion de découvrir le regard de jeunes européens sur l’art et sur l’Europe. La MIR est également ouverte tout au long de l’année à la jeunesse et aux arts : accueil d’étudiants européens du conservatoire pour des répétitions et des petits concerts dans ses locaux ; soutien aux artistes désireux de monter des projets (expositions, concerts…). Pour célébrer le cinquantenaire du traité de Rome, Europe Rennes 35, le Mouvement Européen 35, Sauvons l’Europe et la Maison de l’Europe s’associent, avec le soutien de la MIR, pour organiser des manifestations culturelles à Rennes : une exposition, du théâtre et une librairie vont être mis en place pour cet évènement. Là encore, l’aspect culturel est placé au centre de l’évènement.
La défense de l’idéal démocratique, des droits de l’homme et de la solidarité entre les peuples
- La défense des droits de l’homme Ce combat est mené depuis des décennies par l’Europe. Il s’est récemment concrétisé lors de l’élaboration de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Elle met en avant les droits civils, politiques, économiques, sociaux, culturels, sans oublier les droits des femmes, des enfants et des minorités. Elle s’inquiète du respect de ces droits au sein même de l’Union mais aussi à l’extérieur de ses frontières. Ainsi, les droits de l’homme se placent au premier rang dans ses relations avec l’extérieur. Depuis 1994, l’UE finance l’Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l’homme (IEDDH) pour donner plus de poids à sa politique. Les droits de l’homme se retrouvent au cœur des célébrations du cinquantenaire de l’Europe. Un séminaire est organisé en mars à Bruxelles sur les progrès en faveur des femmes depuis la création de l’Europe.
- La solidarité de l’Union « La Communauté et les Etats membres, conscients des droits sociaux fondamentaux,[…] ont pour objectifs la promotion de l'emploi, l'amélioration des conditions de vie et de travail permettant leur égalisation dans le progrès, une protection sociale adéquate, le dialogue social » (Article 136 du traité d’Amsterdam) L’Europe prône des valeurs de solidarité entre les peuples et les hommes. Il est nécessaire d’aider les plus démunis et de promouvoir l’égalité des chances. C’est pourquoi dès le traité de Rome de 1957, la CEE avait mis sur pied le FSE pour créer de nombreux emplois et soutenir la formation professionnelle. En 2000, l’UE élabore deux directives qui interdisent les discriminations de toutes sortes sur le lieu de travail. Elle cherche véritablement à faire évoluer les mentalités face à la diversité nouvelle de l’Europe (comme la multiethnicité). L’année 2007 est ainsi choisie pour être l’année européenne de l’égalité des chances pour tous. Ses objectifs sont de sensibiliser efficacement les citoyens sur leur droit à l’égalité de traitement et de promouvoir l’égalité des chances pour tous. Cette Année, en parallèle de l’anniversaire du traité de Rome, permet de célébrer la diversité de l’Union européenne. Seront aussi célébrés à Postdam en juillet, les cinquante ans du Fonds social européen.
- L’aide humanitaire européenne L’Europe s’engage à travers le monde pour porter secours aux populations victimes de guerres, de famines ou de catastrophes naturelles. L’office d’aide humanitaire de l’Union crée en 1992, ECHO, coordonne les divers programmes d’aide, dont l’aide d’urgence aux populations (envois de fournitures de première nécessité) et le soutien financier des équipes médicales, de démineurs et d’appui logistique. ECHO apporte aussi une aide alimentaire en cas de famine ou de sécheresse ainsi qu’une aide aux réfugiés leur permettant de faire face et de survivre à leur situation.
> Géorgie : train transportant de la farine de froment d’aide humanitaire de l’UE
- Démocratie, droits de l’homme et solidarité à Rennes Ces valeurs fondamentales pour l’Europe le sont naturellement pour les associations rennaises à vocation européennes, mais aussi pour la MIR, qui a pour mots clés : paix, démocratie, cultures et fraternité. Ainsi, la Maison Internationale de Rennes propose chaque année la Semaine de la solidarité internationale. Cet évènement permet de s’informer sur les rapports Nord/Sud ou le respect des droits de l’homme. Ces idéaux sont évidemment défendus par les quatre associations européennes. L’anniversaire du traité de Rome est notamment l’occasion pour Europe Rennes 35 d’organiser ses Rendez-vous d’Europe de 2007, en collaboration avec Europôle et le Centre d’excellence Jean Monnet, sur le thème de la solidarité dans l’Union européenne.
Conclusion : quel avenir pour l’Europe ?
Aujourd’hui constituée de vingt-sept membres, l’Union européenne, tournée vers l’avenir, est toujours guidée par un désir de paix et de démocratie. Dans cette optique de paix, d’échanges et de dialogue, elle demeure ouverte à de futurs élargissements. Trois pays sont actuellement candidats à l’adhésion : la Turquie et la Croatie, déjà entrées en phase de négociations et l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine, en attente de l’ouverture des négociations. D’autres pays ont été désignés par l’Union comme candidats potentiels : l’Albanie, le Kosovo, la Serbie, le Monténégro et la Bosnie-Herzégovine. L’Union européenne pense également à l’avenir de ses institutions et de son statut, avec la relance du projet de Traité constitutionnel par la présidence allemande de l’UE. Les prochaines réformes devront prendre en compte et garantir la diversité et la pluralité des différentes nations européennes. Sa politique commune s’enrichit progressivement, couvrant toujours plus de domaines économiques, politiques, culturels, sociaux. Les Etats membres soutiennent plus que jamais la culture en Europe, les déplacements et la communication dans l’Union (l’UE s’est dotée d’un réseau transeuropéen) et la défense de la paix hors de ses frontières (elle défendra encore plus la paix et la stabilité dans le reste du monde). Elle se préoccupe désormais davantage de l’environnement en Europe et dans le monde et se montre à l’écoute de l’évolution de la planète en souhaitant s’adapter à la mondialisation.
Article rédigé par Martin Labrousse ( Master 2 Histoire – Mondes contemporains et relations internationales)
Liens Internet et ressources :
Traité de Rome et histoire de l’Europe : les traités et le droit communautaire présentation et analyse du traité de Rome histoire de l’Union européenne site du 50ème anniversaire du traité de Rome comité français du 50ème anniversaire
Migrations en Europe : libre circulation en Europe politique commune de l’Europe: éducation, formation professionnelle et jeunesse Opportunités d’études et de formation en Europe programme ERASMUS EURES: portail européen sur la mobilité de l’emploi 2006, Année européenne de la mobilité des travailleurs La culture en Europe : politique commune européenne de la culture Europe de la culture Rencontres pour l’Europe de la culture Forum européen pour les Arts et le Patrimoine Paix, démocratie, droits de l’homme et solidarité : aide humanitaire de l’Union politique européenne des droits de l’homme IEDDH Fonds social européen Associations sur l’Europe: Mouvement européen France mouvement français Sauvons l’Europe le site de l’Europôle http://www.touteleurope.fr/ http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/ http://www.culture.gouv.fr http://www.travail.gouv.fr Source iconographique Repères bibliographiques : - BITSCH Marie-Thérèse, Histoire de la construction européenne, Editions Complexe, Bruxelles, 2004, 4ème édition. - DUTHEIL DE LA ROCHERE Jacqueline, Introduction au droit de l’Union européenne, Hachette supérieur, 2006, 5ème édition. - FAVRET Jean-Marc, L’essentiel de l’Union européenne et du droit communautaire, Gualino éditeur, Paris, 2005, 6ème édition.
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